Colloque sur le Le Genre en questions ? Réfléchir en société

 

 

  1.  « Le genre : histoire d’un concept et d’un champ d’études» par Anthony Favier, agrégé d’histoire, doctorant à l’Université Lumière Lyon 2.

Les études de genre sont peu connues du grand public. Des groupes politiques ont pu aussi s’emparer du débat en diffusant un certain nombre d’idées tronquées ou caricaturées à leur sujet et rendre difficile leur compréhension. Ajoutons qu’aujourd’hui les études de genre constituent un champ d’étude, large, déjà anciens de plusieurs décennies, partant dans plusieurs directions, il n’est pas forcément facile, même pour une personne de bonne volonté et sans a priori, de s’y retrouver aisément. Pourquoi, depuis les années 1970, différents champs du savoir ont-ils éprouvé le besoin de se doter d’un nouvel outil conceptuel – le « genre » – pour réfléchir sur la socialisation sexuée des individus ? Comment sommes-nous passés d’ « études féministes » aux études contemporaines du genre ? La question ne concerne-t-elle, comme on l’entend souvent, que les seules sciences humaines ou sociales, ou bien est-elle plus générale ? Depuis 1995 et l’introduction du mot genre dans les documents officiels de l’ONU, le concept se diffuse dans les instances internationales et l’espace du droit avec la notion d’ « identité de genre ». Comment s’est passée cette introduction et comment les groupes religieux se sont-ils positionnés, souvent contre à quelques notables exceptions, contre ? Si le concept de genre fait réagir, car il touche au plus intime et aux représentations les plus anciennes des sociétés, il peut être aussi une occasion – et de fait il l’a été – de réfléchir à l’avancement de l’égalité entre hommes et femmes dans nos sociétés mais également des groupes minorés jadis : personnes homosexuelles ou transgenres.

 

 

  1. « L’approche scientifique de la différenciation des appareils reproducteurs » par Sébastien Chasseriau, Enseignant de Sciences de la Vie et de la Terre du 2nd degré

La thématique de mon intervention se situera dans l’approche scientifique de la différenciation des appareils reproducteurs et les notions étudiées dans le cadre scolaire :

  1. Les hommes et les femmes diffèrent au niveau des caractères anatomiques (appareils génitaux), physiologiques (hormones sexuelles) et chromosomiques (XX et XY)
  2. La différenciation des appareils reproducteurs se réalise dès les fécondations (gène SRY), aux stades embryonnaires (Testostérone et AMH) et à la puberté (hormones hypophysaires)
  3. Le comportement sexuel est sous l’influence des hormones sexuelles (testostérone et oestradiol) et essentiellement contrôlé par un système de récompense (action de la dopamine) (*).

Dans le cadre scolaire, on nous demande de porter l’attention uniquement sur les phénomènes biologiques concernés dans le cadre de Devenir femme ou homme.

(*) Au sujet du système de récompense dans la sexualité, il est spécifié aux élèves que les facteurs affectifs, cognitifs et surtout le contexte culturel, ont une influence majeure sur le comportement sexuel humain. Mais, l’orientation sexuelle fait partie de la sphère privée et n’est en aucun cas traitée en cours.

 

  1. «Du mauvais usage des études scientifiques» par Odile Fillod, sociologue des sciences.

Dans le débat public qui fait rage depuis 2011, un reproche central adressé au genre (comme concept ou comme champ d’études) est qu’il omettrait de tenir compte de l’existence de différences psychologiques naturelles entre les sexes susceptibles d’expliquer au moins en partie certaines différences observables dans la sphère publique comme dans la sphère privée. Ce reproche s’appuie particulièrement sur l’invocation d’études scientifiques qui auraient démontré l’existence de facteurs biologiques de sexuation du substrat cérébral de la cognition et des comportements. Est-ce vraiment ce que ces études ont permis d’établir ? Je passerai en revue quelques exemples où ce qui est prétendu n’est pas conforme aux conclusions pouvant être tirées de la littérature scientifique invoquée. J’exposerai de manière plus générale les distorsions dans la communication de l’information scientifique qui fabriquent une image trompeuse de l’état des connaissances sur ce sujet. Je donnerai également quelques repères pour éviter de se faire berner par ces discours :  – les limites intrinsèques des principales approches scientifiques mobilisées, – l’état actuel des recherches sur le sujet (existence d’aucun facteur biologique établie, existence de puissants facteurs non biologiques a contrario établie et admise même par les chercheurs travaillant sur l’hypothèse de facteurs biologiques).

 

 

4. « Le Genre et l’Éducation » par Muriel Salle, historienne et maîtresse de conférences à l’Université Claude Bernard Lyon 1 – ESPE (École Supérieure du Professorat et de l’Éducation).

Pour ce qui concerne mon intervention, en quelques lignes, je vais surtout m’attacher à faire le point sur la controverse récente, survenue au cours de l’année scolaire 2013-2014, concernant l’introduction de « la théorie du genre » à l’école par les détracteurs des « ABCD de l’Égalité ». Après avoir posé les éléments de contexte qui permettent de comprendre comment la polémique a pu prendre les proportions qu’on sait, je propose de présenter tout l’intérêt qu’il y a à utiliser ce concept de genre malgré tout, y compris dans le domaine de l’éducation, pour peu que l’on prenne la peine de préciser clairement ce dont il retourne afin de « déminer le terrain », dans la mesure du possible.

 

 

5.«Identités et sexualités aujourd’hui : une alliance de mots ?  » par Laurent Lemoine, Dominicain, psychanalyste et théologien moraliste.

La problématique de l’identité ou des identités est devenue aigüe de nos jours : identité de soi, de son ou de ses groupes d’appartenance, de sa religion, de sa sexualité, etc. Le risque est de construire des murs dans lesquels nous allons nous replier par système de valeurs. À contrario, le Pape François prêche l’ouverture en dépit des guerres… La si soupçonnée théorie du genre en rajoute en venant brouiller un peu plus les lignes: qu’en penser? Qu’en retenir? Si on retient quelque chose… L’identité est-elle si fluide et si malheureuse que cela? » 

 

6. Table ronde avec tous les intervenants à partir des questions émanant des carrefours et de la salle.

 

Première partie

 

 

Deuxième partie

Troisième partie

Quatrième partie

Cinquième partie

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